Capacité d'emprunt : comment les banques la calculent vraiment
Le ratio de 35 % est le point de départ du calcul, pas son point d'arrivée. Reste à vivre, saut de charge, pondération des revenus et marge de dérogation expliquent pourquoi deux dossiers au même taux d'endettement n'obtiennent pas la même réponse.
Étude gratuite et sans engagementRéponse sous 24h ouvréesORIAS n° 21006034Aucun frais avant obtention du financement
35 % assurance comprise
Taux d'endettement
25 ans, 27 avec différé
Durée maximale
20 % de la production
Marge de dérogation
Gratuit
Calcul personnalisé
La formule du taux d'endettement, et ce qu'on y met
Le taux d'endettement se calcule en divisant la somme de vos charges d'emprunt mensuelles par la somme de vos revenus mensuels nets, le tout multiplié par cent. La subtilité tient au contenu des deux termes. Au numérateur figurent la future mensualité assurance emprunteur comprise, l'ensemble des crédits en cours quelle que soit leur nature, les pensions alimentaires versées et, en cas de conservation d'un logement loué, le loyer résiduel. Le point le plus souvent oublié est l'assurance : elle fait partie intégrante du calcul et représente couramment 5 à 15 % de la mensualité.
Au dénominateur, on retient les revenus nets avant impôt, mais uniquement ceux jugés pérennes. Les salaires de CDI hors période d'essai et les traitements de fonctionnaires titulaires sont retenus intégralement. Les revenus locatifs, les primes, les revenus non salariés et les prestations sociales font l'objet de traitements spécifiques, développés plus bas. Deux dossiers présentant les mêmes chiffres bruts peuvent ainsi afficher des taux d'endettement séparés de plusieurs points, selon la façon dont chaque établissement retraite ces lignes.
Dénominateur : revenus nets avant impôt jugés pérennes
Assurance emprunteur toujours intégrée au calcul, jamais exclue
Crédits renouvelables comptés même s'ils ne sont pas utilisés, selon les établissements
Prêt à taux zéro en différé : traitement variable d'une banque à l'autre
Les 35 % du HCSF et la marge de dérogation
La norme du Haut Conseil de stabilité financière, devenue juridiquement contraignante en 2022, fixe deux plafonds : un taux d'effort maximal de 35 % assurance comprise, et une durée maximale de vingt-cinq ans, portée à vingt-sept ans lorsqu'un différé d'amortissement de deux ans au plus est justifié, notamment pour une vente en l'état futur d'achèvement, une construction ou des travaux représentant au moins 10 % du coût de l'opération.
La norme prévoit toutefois une flexibilité qui explique une grande partie des écarts observés en pratique. Les établissements peuvent déroger à ces plafonds sur une part de leur production trimestrielle de nouveaux crédits, fixée à 20 %. Cette marge est elle-même fléchée : au moins 70 % doivent bénéficier à l'acquisition d'une résidence principale, et au moins 30 % de l'ensemble à des primo-accédants. Concrètement, cela signifie qu'un dossier légèrement au-delà de 35 % peut passer, mais qu'il entre en concurrence avec les autres dossiers dérogatoires du trimestre. La date de dépôt dans le trimestre a donc une influence réelle sur l'issue.
Taux d'effort maximal : 35 % assurance comprise
Durée maximale : 25 ans, 27 ans avec différé d'amortissement justifié
Marge de dérogation : 20 % de la production trimestrielle de nouveaux crédits
Au moins 70 % de cette marge réservés à l'acquisition d'une résidence principale
Au moins 30 % de la marge réservés aux primo-accédants
Le reste à vivre, le vrai critère de refus
Le reste à vivre correspond à ce qui subsiste une fois toutes les charges de crédit et les charges fixes déduites des revenus. C'est un montant en euros, pas un pourcentage, et c'est très souvent lui qui décide. Un couple sans enfant gagnant 6 000 euros nets et endetté à 36 % conserve environ 3 800 euros pour vivre : le dossier sera étudié. Une famille de quatre personnes gagnant 2 800 euros nets et endettée à 32 % conserve environ 1 900 euros pour quatre : le dossier sera probablement refusé, malgré un ratio meilleur.
Les établissements raisonnent en euros par unité de consommation ou par personne au foyer. Les seuils varient d'une grille à l'autre, mais l'ordre de grandeur le plus fréquemment retenu tourne autour de 800 à 1 000 euros pour le premier adulte, quelques centaines d'euros pour le second, et 300 à 400 euros par enfant à charge. Certaines banques appliquent un quotient familial minimal plutôt qu'un reste à vivre global. Les charges courantes réellement prises en compte incluent souvent les charges de copropriété, la taxe foncière et les frais de transport quotidiens, ce qui compte sur des trajets domicile-travail vers Paris depuis Dreux ou Mantes-la-Jolie.
Reste à vivre exprimé en euros, jamais en pourcentage
Ordre de grandeur fréquent : 800 à 1 000 euros pour le premier adulte
300 à 400 euros supplémentaires par enfant à charge selon les grilles
Charges de copropriété, taxe foncière et transports souvent intégrés
Un ratio de 32 % peut être refusé quand un ratio de 36 % passe, selon le reste à vivre
Le saut de charge et la capacité d'épargne démontrée
Le saut de charge mesure l'écart entre votre effort de logement actuel et votre effort futur. On le calcule en comparant la future mensualité, charges de copropriété et taxe foncière incluses, à la somme de votre loyer actuel et de votre épargne mensuelle constatée. Si vous payez 800 euros de loyer, que vous épargnez 400 euros par mois de façon régulière et que votre future mensualité s'établit à 1 150 euros, votre saut de charge est négatif : vous avez déjà prouvé que vous supportiez un effort supérieur. C'est l'argument le plus solide qu'un dossier puisse présenter.
À l'inverse, un saut de charge de plusieurs centaines d'euros sans historique d'épargne alerte immédiatement l'analyste. La vérification se fait sur les relevés bancaires des trois à six derniers mois, et un virement automatique vers un livret pèse davantage qu'un versement irrégulier. C'est la raison pour laquelle nous recommandons souvent, aux acheteurs dont le projet n'est pas immédiat, de mettre en place une épargne programmée du montant de l'écart pendant six à douze mois. L'effet sur la lecture du dossier est mesurable.
Saut de charge = future mensualité et charges, moins loyer actuel et épargne constatée
Un saut de charge nul ou négatif renforce considérablement le dossier
Vérification sur trois à six mois de relevés bancaires
Épargne programmée pendant six à douze mois : un levier concret avant de déposer
La pondération des revenus : locatif, primes et variable
Tous les revenus ne se valent pas dans le calcul. Les revenus locatifs sont le plus souvent retenus à hauteur de 70 %, l'abattement de 30 % couvrant la vacance locative, les impayés, les charges non récupérables et la fiscalité. Deux méthodes coexistent : la méthode par intégration, qui ajoute ces 70 % aux revenus, et la méthode différentielle, qui retranche du revenu la différence entre la mensualité du prêt locatif et le loyer pondéré. La seconde est plus sévère et fait basculer certains dossiers d'investisseurs.
Les primes et le variable suivent une autre logique : ils ne sont retenus que s'ils présentent un caractère récurrent, généralement établi sur deux à trois années de bulletins ou d'avis d'imposition, et ils sont alors lissés en moyenne. Une prime exceptionnelle versée une seule fois est écartée. Les heures supplémentaires régulières sont souvent retenues partiellement. Pour les travailleurs non salariés, la référence est la moyenne des deux ou trois derniers exercices, avec une lecture différente selon le statut juridique : rémunération du gérant et dividendes pour une société, bénéfice pour une entreprise individuelle. Les allocations familiales sont retenues quand les enfants sont jeunes, les pensions de retraite intégralement, les allocations chômage jamais.
Revenus locatifs : abattement de 30 %, soit une prise en compte à 70 %
Méthode différentielle plus sévère que la méthode par intégration
Primes et variable : lissés sur deux à trois ans, seulement s'ils sont récurrents
Travailleurs non salariés : moyenne des deux à trois derniers exercices
Pensions de retraite retenues, allocations chômage écartées
Comment ça se passe
Les étapes de votre dossier
1
Recensement exhaustif de vos revenus et charges
Salaires, primes, revenus locatifs, pensions, crédits en cours, pensions versées : nous établissons la photographie complète, en distinguant ce qui sera retenu de ce qui sera écarté.
2
Calcul du taux d'endettement et du reste à vivre
Nous appliquons les retraitements bancaires réels, assurance comprise, et nous vérifions le reste à vivre au regard de la composition de votre foyer.
3
Test des scénarios de durée et de mensualité
Vingt ans, vingt-cinq ans, avec ou sans prêt complémentaire : nous chiffrons chaque hypothèse en capital finançable et en coût total, pour arbitrer en connaissance de cause.
4
Optimisation avant dépôt
Solde d'un crédit conso, ajustement de la quotité d'assurance, allongement de durée, mobilisation d'un prêt aidé : quelques leviers suffisent parfois à faire repasser un dossier sous le seuil.
F.A.Q.
Questions fréquentes
Comment calculer son taux d'endettement ?
Divisez le total de vos charges d'emprunt mensuelles par le total de vos revenus nets mensuels, puis multipliez par cent. Au numérateur, comptez la future mensualité assurance emprunteur comprise, tous vos crédits en cours et les pensions alimentaires que vous versez. Au dénominateur, retenez uniquement les revenus jugés pérennes, en pondérant les revenus locatifs et en lissant les primes récurrentes. L'oubli le plus fréquent est l'assurance emprunteur, qui pèse couramment 5 à 15 % de la mensualité et fait basculer un dossier au-dessus du seuil.
Le taux d'endettement de 35 % peut-il être dépassé ?
Oui, dans le cadre de la marge de flexibilité prévue par le Haut Conseil de stabilité financière. Les établissements peuvent déroger aux plafonds sur 20 % de leur production trimestrielle de nouveaux crédits, dont au moins 70 % doivent bénéficier à l'acquisition d'une résidence principale et au moins 30 % à des primo-accédants. Cette marge étant limitée, les dossiers dérogatoires sont sélectionnés sur le reste à vivre, le niveau de revenu et la qualité globale du profil. Le moment du dépôt dans le trimestre joue également.
Comment calculer sa capacité d'emprunt à partir d'une mensualité ?
Le capital finançable s'obtient en multipliant la mensualité par un coefficient qui dépend du taux et de la durée. Mathématiquement, il vaut la mensualité multipliée par un moins le taux périodique majoré d'un élevé à la puissance moins le nombre d'échéances, le tout divisé par le taux périodique. En pratique, retenez qu'à un taux donné, chaque tranche de 100 euros de mensualité supplémentaire finance de l'ordre de 17 000 à 21 000 euros de capital sur vingt ans. Ce calcul reste théorique tant que le reste à vivre n'a pas été vérifié.
Comment les revenus locatifs sont-ils pris en compte ?
Ils sont le plus souvent retenus à hauteur de 70 %, l'abattement de 30 % couvrant la vacance locative, les impayés, les charges non récupérables et la fiscalité. Deux méthodes de calcul coexistent : l'intégration, qui ajoute ces 70 % aux revenus, et la méthode différentielle, qui retranche la différence entre la mensualité du prêt locatif et le loyer pondéré. La méthode différentielle est nettement plus sévère et peut faire basculer un investisseur au-dessus du seuil. Le choix de la méthode dépend de l'établissement, ce qui rend l'orientation du dossier déterminante.
Mes primes et mon variable comptent-ils dans le calcul ?
Seulement s'ils présentent un caractère récurrent, généralement établi sur deux à trois années de bulletins de salaire ou d'avis d'imposition. Ils sont alors lissés en moyenne annuelle, pas retenus à leur montant maximal. Une prime exceptionnelle versée une seule fois est écartée, et les heures supplémentaires ne sont souvent retenues que partiellement. Les commerciaux dont la part variable dépasse un tiers de la rémunération totale font l'objet d'une analyse spécifique, avec parfois une décote supplémentaire.
Qu'est-ce que le reste à vivre et pourquoi est-il si important ?
Le reste à vivre est le montant en euros qui subsiste une fois toutes les charges de crédit et charges fixes déduites de vos revenus. Il complète le taux d'endettement, qui n'est qu'un pourcentage et ne dit rien du niveau de vie réel. Les grilles bancaires retiennent fréquemment un ordre de grandeur de 800 à 1 000 euros pour le premier adulte, puis 300 à 400 euros par personne supplémentaire au foyer. Un dossier à 32 % avec un reste à vivre insuffisant est refusé, tandis qu'un dossier à 36 % avec un reste à vivre confortable peut être accepté par dérogation.
Allonger la durée du prêt augmente-t-il ma capacité d'emprunt ?
Oui, mécaniquement, puisqu'une durée plus longue réduit la mensualité pour un même capital. Le gain n'est toutefois pas linéaire : passer de quinze à vingt ans augmente sensiblement le capital finançable, passer de vingt à vingt-cinq ans apporte beaucoup moins, tandis que le surcoût en intérêts, lui, continue de croître. La durée est par ailleurs plafonnée à vingt-cinq ans par la norme du Haut Conseil de stabilité financière, portée à vingt-sept ans en cas de différé d'amortissement justifié. Nous chiffrons systématiquement plusieurs scénarios pour situer le point d'équilibre.
Comment augmenter sa capacité d'emprunt avant de déposer un dossier ?
Plusieurs leviers existent et se combinent. Solder un crédit à la consommation libère immédiatement de la mensualité, souvent plus efficacement qu'une hausse de revenus. Clôturer les crédits renouvelables inutilisés supprime des lignes comptées par certains établissements même à zéro. Ajuster la quotité d'assurance entre co-emprunteurs, ou passer par une délégation d'assurance, réduit la mensualité assurance comprise. Enfin, mobiliser un prêt à taux zéro ou un prêt Action Logement fait baisser le coût moyen du financement et améliore le ratio.
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